Vous n'avez pas besoin de savoir programmer pour piloter des modules SCORM. Vous avez besoin de savoir ce que contient le fichier, ce que votre LMS en attend, et quoi faire quand l'un des deux ne joue pas son rôle. Ce guide couvre ces trois points et renvoie, pour chaque sujet, vers un article détaillé.
Ce qu'est un package SCORM
Un package SCORM est un fichier .zip. Il contient deux choses :
- un cours, c'est-à-dire un petit site web : des pages, des images, des scripts, parfois de la vidéo ;
- un manifeste, le fichier
imsmanifest.xml, placé à la racine du zip. Il indique au LMS le titre du cours, la page à ouvrir en premier et la liste des fichiers.
SCORM n'est donc pas un format de contenu comme le PDF. C'est une convention entre le cours et la plateforme : comment le cours est emballé, et comment il parle au LMS pendant que l'apprenant le suit. La spécification est publiée par ADL, un programme du département de la Défense des États-Unis.
Ce que le cours dit au LMS
Pendant la lecture, le cours envoie au LMS un petit nombre d'informations. En SCORM 1.2, les quatre qui comptent pour vous sont :
| Information | Ce qu'elle signifie | Ce que vous voyez dans le LMS |
|---|---|---|
| Statut | non commencé, incomplet, terminé, réussi, échoué | La coche d'achèvement |
| Score | une note, avec son minimum et son maximum | La note dans le carnet |
| Position | l'écran où l'apprenant s'est arrêté | La reprise au bon endroit |
| Données de reprise | l'état du cours : écrans vus, réponses données | Un cours qui « se souvient » |
Presque toutes les pannes de suivi viennent d'une de ces quatre lignes. Un statut qui reste « incomplet », une note absente, un apprenant renvoyé au début : dans chaque cas, le cours n'a pas envoyé l'information, ou l'a envoyée trop tard, ou sous une forme que le LMS refuse. L'article sur la progression SCORM perdue détaille ces cas.
Les versions : 1.2, 2004, et les autres
Deux versions de SCORM circulent. SCORM 1.2 est la plus répandue et la plus simple. SCORM 2004 ajoute des règles d'enchaînement entre modules et laisse plus de place aux données de reprise. Le choix dépend d'abord de votre LMS : Moodle, par exemple, prend en charge SCORM 1.2 et pas SCORM 2004. Le comparatif complet se trouve dans SCORM 1.2 ou SCORM 2004.
Vous croiserez aussi xAPI et cmi5, des standards plus récents qui enregistrent des traces d'apprentissage hors du LMS. Ils ne remplacent pas SCORM dans la plupart des catalogues : tant que votre plateforme et vos prestataires travaillent en SCORM, c'est lui que vous devez maîtriser.
Les pannes que vous rencontrerez
Elles se rangent en quatre familles.
Le LMS refuse le fichier. Le manifeste est absent, mal nommé ou enfermé dans un sous-dossier parce que quelqu'un a zippé le dossier au lieu de son contenu. Voir Import SCORM refusé par Moodle.
Le cours s'ouvre mais des éléments manquent. Une image absente, une page blanche : un chemin est cassé, souvent par une majuscule ou un caractère spécial dans un nom de fichier.
Le suivi est faux. Statut bloqué, note absente, reprise perdue. Voir l'article sur la progression perdue.
Le contenu est faux. Une faute, une consigne périmée, une mauvaise réponse cochée dans un quiz. Le module fonctionne, mais il enseigne une erreur. Cette panne se multiplie quand les équipes produisent des modules avec une IA, et elle a sa méthode : relire et corriger sans régénérer.
Corriger sans l'outil auteur
Un module SCORM est produit par un outil auteur, comme Storyline, Rise 360, Captivate, iSpring ou Lectora, à partir d'un fichier de projet. La réponse classique à toute demande de correction est donc : « rouvrez le projet et republiez ». Elle suppose que vous avez le projet, la licence et quelqu'un qui sait s'en servir.
Quand ce n'est pas le cas, il reste le package publié. On peut y corriger des textes, remplacer des images et réparer le manifeste, à condition de savoir ce qui est sûr et ce qui ne l'est pas. L'article Modifier un SCORM sans le fichier source trace cette limite outil par outil.
Votre rôle : la recette avant la mise en ligne
Vous n'êtes pas l'auteur du module, mais vous en êtes le dernier contrôle. Un module mis en ligne sans test, c'est un problème découvert par les apprenants, signalé au support, puis corrigé dans l'urgence.
Une recette tient en huit contrôles : import, lancement, statut, score, reprise, affichage sur téléphone, durée, relecture du contenu. Elle est décrite pas à pas dans Tester un SCORM avant de le livrer.
Faire vivre un catalogue
Un module livré n'est pas un module fini. Trois sujets reviennent chaque année :
- La mise à jour. Une procédure change, un logo change, un taux change. La question n'est pas de savoir si le module sera faux un jour, mais combien de temps il le restera. Voir Mettre à jour un module e-learning.
- L'accessibilité. Texte alternatif des images, contraste, langue déclarée : des contrôles simples, que l'on peut faire sans être spécialiste. Voir Accessibilité d'un module e-learning.
- Les langues. Dès qu'un second site ou un second pays suit la formation, la traduction du module se pose. Voir Traduire un module SCORM.
Le vocabulaire minimum
- LMS : la plateforme qui héberge les cours et enregistre le suivi (Moodle, Cornerstone, SAP SuccessFactors, etc.).
- SCO : un module suivi par le LMS à l'intérieur du package. Un package peut en contenir un ou plusieurs.
- Manifeste : le fichier
imsmanifest.xmlqui décrit le package. - Outil auteur : le logiciel qui a produit le cours.
- Fichier source : le projet de l'outil auteur (.story, .cptx, etc.), distinct du package publié.
- Données de reprise : ce que le cours mémorise dans le LMS pour reprendre où l'apprenant s'était arrêté (
suspend_data).
Questions fréquentes
Un fichier SCORM peut-il s'ouvrir sans LMS ?
Il s'ouvre dans un navigateur, mais sans LMS il n'a personne à qui envoyer le statut et le score. Pour le tester, il faut un LMS ou un lecteur qui en simule un.
Comment savoir quelle version de SCORM j'ai reçue ?
La version est déclarée dans le manifeste. Si vous ne voulez pas ouvrir le fichier, un outil de diagnostic vous la donne à l'ouverture du package.
Qui doit corriger un module livré par un prestataire ?
Cela dépend du contrat. Mais pour une faute dans un texte ou une image à remplacer, le délai d'un aller-retour avec le prestataire dépasse souvent de beaucoup le temps de la correction elle-même.
Pour passer à la pratique
Déposez un package dans le correcteur SCORM : vous obtenez sa version, la liste de ce qui bloque et de ce qui risque de poser problème, et un lecteur qui montre les échanges avec le LMS. Le diagnostic, la réparation et le lecteur sont gratuits et fonctionnent dans votre navigateur.